Licenciement : guide pratique pour les employés
Un licenciement surprend de nombreux employés – et soulève immédiatement de nombreuses questions. C’est justement dans ce moment qu’il est essentiel de garder la tête froide et d’agir de manière structurée. Ce guide vous montre les points essentiels à considérer dès maintenant.
En Suisse, la protection contre le licenciement est certes plus libérale que dans d’autres pays de l’UE, mais vous n’êtes en aucun cas sans protection. Qu’il s’agisse des délais, des périodes de protection ou des droits financiers : connaître ses droits permet d’éviter des erreurs décisives et, souvent, d’économiser de l’argent.
En tant qu’assurance de protection juridique, nous constatons chaque jour combien il est important d’agir de manière structurée et en temps utile.
L’essentiel en un coup d’œil
- Restez calme, ne faites aucune concession précipitée et ne signez rien dans la précipitation.
- Clarifier les motifs du licenciement : Qu’il s’agisse de raisons économiques ou personnelles peut être déterminant sur le plan juridique et pour votre certificat de travail.
- Vérification juridique : Le licenciement est-il abusif ou a-t-il été prononcé pendant une période de protection (p. ex. en cas de maladie) ? Il peut alors être contesté ou nul, respectez impérativement les délais.
Si le licenciement est valable:
- Vérifier les vacances et les heures supplémentaires : les droits encore à votre disposition doivent être pris pendant le délai de congé ou indemnisés.
- Informer rapidement l’ORP : inscrivez-vous immédiatement après la réception de votre résiliation et commencez sans tarder vos recherches d’emploi.
- Recourir à un soutien juridique : en cas de licenciement, certains détails peuvent avoir des conséquences financières importantes.
1. Garder son calme
Avant d’envisager des démarches juridiques, votre comportement durant les premières minutes et heures est déterminant :
- Respirez profondément : n’agissez pas sous le coup de l’émotion. Des réactions émotionnelles, voire des propos déplacés, peuvent durablement nuire à votre position (et à votre certificat de travail).
- Ne rien signer immédiatement : lors d’un entretien de licenciement, on vous présente souvent directement des « conventions de résiliation » ou des confirmations. Ne signez rien sous pression. Demandez du temps pour examiner les documents tranquillement ou les faire vérifier juridiquement.
- Confirmer uniquement la réception : si vous devez signer, faites-le uniquement pour attester la réception de la lettre de licenciement, et non son contenu ou ses motifs. Si cela ne ressort pas clairement du document, précisez à côté de votre signature que celle-ci confirme uniquement la réception.
- Pas de concessions hâtives :ne prenez aucun engagement concernant un départ anticipé ou une renonciation aux heures supplémentaires.
Attention aux libérations de l’obligation de travailler : si vous êtes libéré (e) de travailler avec effet immédiat, l’employeur vous présentera souvent une « convention de résiliation ». En la signant, vous confirmez que toutes les prétentions réciproques (vacances, heures supplémentaires, bonus) sont réglées. Ne signez jamais immédiatement ! Faites vérifier si vos vacances et heures supplémentaires restantes sont effectivement compensées correctement ou si un paiement vous est encore dû.
2. Premier contrôle : le licenciement est-il formellement correct ?
En Suisse, le principe de la liberté contractuelle en matière de fin de contrat de travail s’applique. Cela signifie qu’un employeur peut mettre fin à un contrat de travail de durée indéterminée sans devoir invoquer de motif particulier.
Cependant : tout licenciement n’est pas forcément licite. Même en Suisse, certaines règles doivent être respectées :
- Forme : en principe, un licenciement est également valable oralement, sauf si votre contrat prévoit la forme écrite. Toutefois, pour des raisons de preuve, la forme écrite est la norme.
- Motivation : l’employeur doit motiver le licenciement par écrit si vous en faites la demande.
- Moment : ce n’est pas la date figurant sur la lettre qui est déterminante, mais le moment où le licenciement vous est effectivement notifié.
3. Pourquoi le licenciement a-t-il été prononcé ? (économique vs. personnel)
En Suisse, la raison du licenciement est un élément pertinent concernant vos droits, tant sur le plan juridique que pratique.
A) Raisons économiques
En règle générale, aucun comportement fautif du collaborateur n’est en cause.
Exemples : restructurations, suppressions de postes ou mesures d’économie générales.
Votre check-list :
- Ai-je encore droit à un bonus proratisé ou à des rémunérations variables ?
- Existe-t-il une clause de non-concurrence qui pourrait limiter ma recherche d’emploi ?
- À partir d’une certaine taille d’entreprise : existe-t-il un plan social ?
Estimation : Un caractère abusif est rare dans ce type de situation, mais les modalités (délais, paiements) doivent être examinées avec attention.
B) Raisons personnelles ou liées aux performances
Exemples : insatisfaction quant aux performances, conflits au sein de l’équipe, perte de confiance ou encore absences fréquentes pour cause de maladie.
Questions clés pour la protection juridique :
- Y a-t-il eu des avertissements préalables afin de vous donner la possibilité de vous améliorer ?
- L’évaluation de vos performances était-elle équitable et objective ?
- Existe-t-il une discrimination (p. ex. âge, sexe) ?
- Le licenciement a-t-il été prononcé pendant une période de protection (p. ex. durant une maladie) ? Les licenciements en temps inopportun sont nuls.
Pourquoi cette distinction est importante pour vous :
- Certificat de travail : en cas de motifs économiques, il doit clairement indiquer que le licenciement est d’ordre économique. Cela évite toute spéculation de la part de futurs employeurs.
- Indemnités du chômage (ORP) : si vous êtes au chômage par votre propre faute (p. ex. en raison d’un comportement fautif), l’ORP peut suspendre vos indemnités pendant une certaine période.
- Indemnité / compensation : en cas de licenciement abusif, vous pouvez faire valoir une indemnité pouvant aller jusqu’à six mois de salaire.
Vous ne savez pas si votre licenciement est conforme au droit ?
Une analyse juridique précoce peut faire toute la différence.
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4. Opposition au licenciement : quand cela en vaut-il la peine ?
En Suisse, un licenciement met presque toujours fin aux rapports de travail, même s’il est abusif. Il existe toutefois deux exceptions importantes, dans lesquelles vous devez agir immédiatement :
A) Licenciement en temps inopportun (périodes de protection)
Il existe des périodes durant lesquelles l’employeur n’a pas le droit de licencier. Un licenciement prononcé pendant ces périodes est juridiquement sans effet (nul).
- Maladie ou accident : 30 jours (1èreannée de service), 90 jours (2ème à 5ème année), 180 jours (dès la 6ème année)
- Grossesse : pendant toute la grossesse et jusqu’à 16 semaines après l’accouchement
- Service militaire, civil ou de protection civile : pendant le service ainsi que 4 semaines avant et après, si le service dure plus de 11 jours
Conséquence :
Un licenciement prononcé pendant ces périodes de protection est nul et sans effet.
Le rapport de travail se poursuit.
Important : si vous tombez malade pendant un délai de congé déjà en cours, celui-ci est suspendu et prolongé de la durée de la maladie (au maximum toutefois jusqu’à la fin de la période de protection correspondante).
Dans ces situations, une vérification approfondie s’impose presque toujours
B) Licenciement abusif
Dans ce cas, le licenciement est formellement valable (le rapport de travail prend fin), mais le motif est inadmissible. Vous pouvez alors demander une indemnité pouvant aller jusqu’à six mois de salaire.
Exemples :
- Congé-représailles : parce que vous avez fait valoir des droits légitimes (p. ex. heures supplémentaires).
- Discrimination : licenciement fondé sur l’âge, le sexe, l’origine ou la religion
- Activité syndicale : licenciement en raison de votre engagement dans une organisation de travailleurs.
Ce que vous devez faire :
Les délais en droit du travail suisse sont stricts. En cas de retard, vous perdez vos droits :
- Faire opposition par écrit au plus tard jusqu’à la fin du délai de congé ;
- Déposer une action en justice dans les 180 jours suivant la fin des rapports de travail.
À savoir : Le rapport de travail prend fin malgré tout. Toutefois, le tribunal peut vous accorder une indemnité pouvant aller jusqu’à six mois de salaire.
À partir d’ici, nous partons du principe que le licenciement est valable et qu’aucune opposition n’est formée.
5. Délais de congé : quand est votre dernier jour de travail ?
Vérifiez d’abord votre contrat de travail ou la convention collective (CCT). À défaut de disposition spécifique, les délais minimaux légaux du Code des obligations (CO) s’appliquent :
- Pendant la période d’essai : 7 jours (résiliation possible en tout temps)
- Durant la 1er année de service : 1 mois (pour la fin d’un mois)
- De la 2ème à la 9èmeannée de service : 2 mois (pour la fin d’un mois)
- Dès la 10ème année de service : 3 mois (pour la fin d’un mois)
Attention :
- Les conventions collectives (CCT) ou les contrats individuels peuvent prévoir des délais différents.
- Un licenciement avec effet immédiat n’est admis qu’en présence de motifs graves.
6. Vacances, heures supplémentaires et libération de l’obligation de travailler : que deviennent les droits en suspens ?
En cas de licenciement, la question se pose souvent de savoir ce qu’il advient des jours de vacances restants, des heures supplémentaires ou du temps supplémentaire. Ces éléments ont souvent des conséquences financières immédiates et doivent être examinés avec attention.
Vacances pendant le délai de congé
En principe : Les jours de vacances restants doivent, dans la mesure du possible, être pris pendant le délai de congé.
L’employeur peut également imposer la prise de vacances de manière unilatérale, mais il doit tenir compte de vos intérêts. Vous devez notamment disposer de suffisamment de temps pour rechercher activement un nouvel emploi.
Le paiement des vacances n’est admis que si leur prise n’est plus possible en pratique,par exemple en cas de délai de congé très court ou de libération immédiate de l’obligation de travailler.
Heures supplémentaires et travail supplémentaire
En principe, les heures supplémentaires doivent être compensées ou indemnisées.
Les possibilités sont les suivantes :
- Compensation sous forme de temps libre pendant le délai de congé
- Paiement avec un supplément salarial (en règle générale 25 %, sauf disposition contractuelle contraire)
- Imputation en cas de libération de l’obligation de travailler
Important : Les heures supplémentaires ne sont juridiquement reconnues que si elles ont été ordonnées ou au moins tolérées.
Libération de l’obligation de travailler
Lorsqu’un employé est libéré de l’obligation de travailler après un licenciement, cela signifie qu’il ne doit plus travailler, tout en continuant à percevoir son salaire.
Les règles sont les suivantes :
- Les vacances et les heures supplémentaires peuvent en principe être imputées sur la période de libération.
- Toutefois, la légalité de cette imputation dépend de la durée de la libération et du nombre de jours de vacances restants.
- L’employé doit continuer à disposer de suffisamment de temps pour rechercher un nouvel emploi.
C’est pourquoi : Ne signez aucune convention de résiliation tant qu’il n’est pas clairement établi que toutes les vacances, heures supplémentaires et autres prétentions ont été correctement prises en compte.
Dans la pratique, ces situations donnent fréquemment lieu à des litiges portant sur plusieurs milliers de francs.
7. Qu’en est-il des indemnités de chômage ? (ORP)
Inscrivez-vous immédiatement auprès de l’Office régional de placement (ORP) dès réception du licenciement, et non après votre dernier jour de travail.
Pourquoi s’inscrire tôt ?
- Obligation de postuler : vous devez déjà, pendant le délai de congé, rechercher activement un emploi et pouvoir en apporter la preuve. En pratique, on attend généralement 10 à 12 candidatures de qualité par mois.
- Sanctions : une inscription tardive ou l’absence de démarches peut entraîner des jours de suspension (« jours sans indemnité »). Si vous ne pouvez pas prouver de manière complète vos recherches d’emploi pendant le délai de congé, des indemnités journalières peuvent vous être supprimées dès le début du chômage.
Conditions pour percevoir des indemnités de chômage
Pour avoir droit aux indemnités de chômage, plusieurs conditions doivent être remplies :
1. Respect de la durée de cotisation
Vous devez avoir été employé(e) pendant au moins 12 mois au cours des 2 dernières années précédant le chômage et avoir cotisé à l’assurance-chômage (AC).
Important :
- Le travail à temps partiel est pris en compte au prorata.
- Plusieurs emplois sont cumulés.
- L’activité indépendante n’est en principe pas assurée.
Si vous ne remplissez pas les critères de la durée de cotisation, vous n’avez en règle générale pas droit aux indemnités ordinaires (des exceptions existent, p. ex. en cas de formation, maladie ou maternité).
2. Aptitude au placement
Vous devez:
- être disposé(e) à travailler.
- être en mesure de travailler,
- et rechercher activement un emploi.
Par exemple, une personne en incapacité de travail prolongée (maladie) n’est pas considérée comme apte au placement.
3. Domicile en Suisse
Vous devez être domicilié(e) en Suisse.
4. Inscription à l’ORP
Vous devez vous inscrire personnellement auprès de l’ORP et fournir les documents nécessaires.
L’inscription doit se faire immédiatement après réception du licenciement, au plus tard le premier jour de chômage.
Quel montant d’indemnités de chômage vais-je percevoir ?
Vous recevez ce que l’on appelle des indemnités journalières.
Le montant est le suivant :
80 % du salaire assuré, si :
- vous avez des obligations d’entretien envers des enfants,
- ou si votre revenu est inférieur à un certain seuil
70 % du salaire assuré dans les autres cas.
Le salaire annuel maximal assuré s’élève actuellement à CHF 148'200-. Toute part de revenu au-delà de ce montant n’est pas assurée.
Pendant combien de temps vais-je percevoir des indemnités ?
La durée d’indemnisation dépend de votre âge et de votre période de cotisation.
Cas typiques :
- Jusqu’à 25 ans (sans obligations d’entretien) : 200 jours d’indemnités journalières
- Jusqu’à 55 ans : 400 jours d’indemnités journalières
- Dès 55 ans : 520 jours d’indemnités journalières
Une indemnité journalière correspond en règle générale à un jour ouvrable (env. 21 à 22 indemnités par mois).
Exemple de calcul (indemnité de chômage) : avec un salaire annuel brut de CHF 100'000 (soit CHF 8'333 par mois), une personne de 40 ans sans obligations d’entretien perçoit environ 70 % du salaire assuré, soit env. CHF 5'833 brut par mois.
À 40 ans, le droit s’élève en outre à 400 jours d’indemnités journalières, ce qui correspond à une couverture financière d’environ 18 à 19 mois.
Existe-t-il un délai d’attente ?
Oui. Au début, il existe ce que l’on appelle des jours d’attente (jours non indemnisés). Le délai d’attente général est de 5 jours. Pour les personnes sans obligations d’entretien et avec un revenu plus élevé, il peut toutefois aller jusqu’à 20 jours.
Des jours de suspension (« jours sans indemnité ») peuvent en outre être prononcés si
- vous vous inscrivez trop tard,
- vous ne faites pas suffisamment de démarches de recherche d’emploi,
- vous refusez un emploi convenable
- l’ORP considère que vous êtes au chômage par votre propre faute.
Ces jours ne sont pas indemnisés.
Vos devoirs
Déjà pendant le délai de congé, vous devez :
- postuler activement,
- documenter vos démarches,
- participer aux entretiens et aux programmes.
En cas de non-respect, vous prenez le risque de réduction de vos prétentions financière.
8. Pourquoi une protection juridique est décisive à ce stade
Un conflit lié à un licenciement n’est pas seulement éprouvant sur le plan émotionnel, il s’apparente souvent à un combat « David contre Goliath ». Alors que les employeurs disposent généralement de leurs propres services juridiques, les employés se retrouvent souvent seuls face à des questions juridiques complexes. Dans cette phase, une assurance de protection juridique est moins un simple produit d’assurance qu’un véritable partenaire stratégique, garantissant l’égalité des armes.
Un accompagnement professionnel est particulièrement important dans les situations suivantes :
- Prétentions salariales ouvertes : lorsqu’il est question de bonus, commissions, rémunérations variables ou heures supplémentaires non payées. Les montants en jeu sont souvent élevés.
- Licenciement abusif : lorsqu’il existe un soupçon que le licenciement repose sur des motifs inadmissibles, p. ex. maladie, âge, grossesse ou parce que vous avez fait valoir des droits légitimes.
- Clauses menaçant votre avenir professionnel : par exemple une clause de non-concurrence limitant fortement vos perspectives professionnelle.
- Certificat de travail : un certificat mal formulé peut freiner toute votre carrière, une stratégie juridique habile et orientée est alors essentielle pour obtenir une correction.
Ce que cela vous apporte concrètement : au lieu de renoncer à vos droits par crainte de frais d’avocat ou de justice élevés, vous pouvez faire examiner votre situation de manière objective. Souvent, une correspondance factuelle et juridiquement fondée suffit à amener l’employeur à faire des concessions et à trouver un accord équitable, sans procédure longue.
Conclusion : dans une situation où votre existence est en jeu, la protection juridique vous garantit un service juridique robuste de qualité, cela indépendamment de votre situation financière.
Modèles juridiques
Adaptation du certificat de travail
Vous souhaitez demander une adaptation de votre certificat de travail auprès de votre employeur.
Délai de résiliation notification tardive
Vous avez reçu votre notification de licenciement en retard et souhaitez donc prolonger le délai.
Demande de certificat de travail
Vous souhaitez que votre employeur vous rédige un certificat de travail.
Licenciement immédiat contestation
Vous souhaitez faire opposition à un licenciement immédiat injustifié.
Licenciement opposition dossier personnel
Vous souhaitez consulter votre dossier personnel après un licenciement.
Licenciement immédiat justification
Vous souhaitez demander une justification pour un licenciement immédiat.